Mon opinion sur la cuisine
J’ai mis pour illustrer cet article une représentation de la joie à déguster…
La créativité
La cuisine est un lieu magique où l’on peut exprimer une partie de sa créativité. Quand on se promène sur les blogs de cuisine on peut voir toute l’imagination, l’inventivité des passionné(e)s qui proposent des recettes totalement incroyables. Je pense toute la journée à la cuisine, aux recettes, à l’invention de plats et de desserts mais il n’y a pas un seul jour où je ne sois pas étonnée par ce que je découvre chez les autres. Des trucs auxquels je n’aurais jamais pensé, des mariages de textures ou de saveurs, de pays aussi parfois. Je salue ces blogueurs qui sont souvent des mères de famille débordées et qui trouvent malgré tout le temps de partager avec les autres et c’est magnifique.
La simplicité
Ce n’est pas la complexité qui m’attire, c’est la simplicité et l’intelligence. Comment faire bon, vite, simple et bien ? C’est là je crois ce qu’on demande le plus. Bien sûr il y a aussi les recettes plus élaborées pour les fêtes ou les grandes occasions, mais au fond, on mange tous les jours mais ce n’est pas tous les jours la fête ! Enfin… je crois… Alors comment faire de plats simples une fête, une joie quotidienne. Que le plaisir soit là malgré le train-train ou la fatigue.
J’ai réalisé plus de 1600 recettes sur ce site, j’ai toujours pensé que la cuisine devait être bonne au goût mais j’ai découvert au fur et à mesure que c’est dans la simplicité des recettes que se trouvait le bon goût des choses. Il me semble qu’il faut épurer, ne pas en faire trop, aller vers le fond du produit, de plus en plus j’écarte les recettes trop complexes, parce que pour moi ce n’est pas abouti. Je compare la cuisine à la haute couture, le vrai grand couturier va faire une petite robe noire toute simple, qui tombe impeccablement sur la personne, il n’y aura rien de superflu, toute simple et parfaite et je crois que c’est la robe la plus difficile à réaliser, la robe à frou-frou, dentelle, masque les imperfections du couturier par des tralalas sans fin. Pour la cuisine c’est pareil, enfin selon moi, la vraie grande cuisine est totalement maîtrisée, c’est un long chemin d’apprentissage et de rigueur. En chemin les cuistots moins doués font des présentations compliquées et précieuses pour des plats qui n’ont pas d’âme.
Le prix
J’ai oublié un truc dans ce qu’on demande : pas trop cher, c’est facile d’avoir bon quand on va acheter des produits de luxe, c’est très bon la truffe ou le caviar… mais voilà, la plupart du temps c’est plutôt la pomme de terre et les oignons que le homard. Alors j’ai une pomme de terre, comment je fais pour donner et avoir du plaisir avec ce petit tubercule si ordinaire ? Et c’est là que ça devient intéressant, c’est là qu’on peut donner toute la mesure de son amour des autres, on n’a pas beaucoup ou même parfois très peu et bien c’est justement là qu’on va être une personne extra-ordinaire, parce que de ce très peu on peut faire du grandiose… J’ai pas peur des mots aujourd’hui… sourire
La préciosité
A propos de préciosité, c’est tout à fait personnel, mais les vocables de » et sa » petite salade aux herbes ou « et son » gratin dauphinois me font sourire parce que je trouve ça prétentieux comme si en disant cela tout à coup cela donnait de la valeur à la recette. Une recette se défend quand on la met dans sa bouche et qu’on déguste, pas sur une carte de restaurant avec des noms longs et ridicules. Quand je vois des noms pareils je fuis le lieu, cela veut dire qu’il y en aura peu dans l’assiette, que ce sera cher et qu’en plus ce ne sera pas bon. J’ai l’impression d’un mensonge. Mais bon, ce n’est qu’un avis perso…
Les chefs en cuisine
J’ai une grande admiration pour les chefs de cuisine et les meilleures ouvriers de France, c’est un monde terriblement dur et exigeant, avec des horaires de folie, où l’on se trouve sur la sellette en permanence et que peu de gens peuvent faire. Entrer en cuisine dans ces conditions c’est comme entrer en religion et c’est une passion absolue. On se lève quand les autres dorment, on travaille quand les autres se reposent ou s’amusent et on n’a pas le droit à l’erreur, un mauvais plat et on ne revoit plus la personne. On n’est déçu qu’une seule fois dans un restaurant, pas deux. Au début c’est un apprentissage long, sévère, difficile et exigeant, on doit obéir, on doit devenir précis, juste, c’est d’abord être un bon petit soldat, comme Alexandre le Grand qui a été le meilleur des soldats de son père en apprentissage et en devenant adulte a été le plus grand des conquérants. Voilà c’est commencer petit, humble, travailleur et… surtout… passionné. C’est s’accrocher, faire attention à tout, développer ses dons, être attentif et sérieux et petit à petit ça vient, les autres apprennent à faire confiance et petit à petit on monte, doucement, à force de courage et de volonté. C’est une dure école, très dure et je ne sais si jeune j’aurais pu avoir le courage de ces personnes.
Le don
J’ai vu deux films extraordinaires sur la cuisine « Le festin de Babette » et « Les épices de la passion » ce sont deux films qui parlent du don par la cuisine, chacun d’une façon différente. Je crois qu’on cuisine parce qu’on a envie de donner, on a envie de partager, de faire goûter les bonnes choses et de faire du bien aux autres. On a envie de disperser du bonheur autour de soi. De tenter d’apporter, l’espace d’un petit moment, un peu de joie aux autres. La cuisine est faite dans le monde entier, ce n’est pas l’activité d’un seul pays. On n’aime ou pas un plat mais jamais à cause de ses origines, juste à cause de son goût, si on pouvait faire pareil avec les humains ce serait top… Dire qu’un type est génial ou un gros crétin mais juste parce qu’il est comme ça, pas parce qu’il vient d’un autre endroit sur la terre, ce serait cool ça… Moi j’ai envie de donner à toute la terre, à tous les humains, parce qu’il n’y a personne qui ne passe par la souffrance sur cette terre et si je peux apporter un epsilon de joie, j’essaie.
Ma cuisine
Je ne suis pas une professionnelle de la cuisine, c’est une passion mais pas mon métier. Je n’ai jamais eu de cours de cuisine, ni de technique apprise. Je ne connais pas beaucoup des choses qu’on apprend à l’école, le degré maximum à partir duquel le jaune d’œuf est cuit mais encore mou est un mystère pour moi. Mes recettes sont simples à faire, simples à cuisiner, il suffit juste de suivre les étapes. A chaque fois que je poste une recette je pense à ceux qui ne savent pas cuisiner et j’essaie d’expliquer toutes les étapes de la recette. La cuisine est un univers si vaste et je ne sais pratiquement rien alors je pense qu’une personne qui suit à la lettre mes recettes basiques ne peut que s’en sortir. Un jour j’ai un ami cuisinier qui m’a fait un très joli compliment il m’a dit « tu rends la cuisine simple » et c’est le plus beau compliment qu’on m’ait jamais fait.
Mon blog
Mon blog est alimenté tous les jours d’une recette, tous les jours, absolument tous les jours depuis presque 5 ans. C’est devenu ma raison d’être pour les autres, une façon d’apporter quelque chose, même toute petite, même pas très importante, à l’humanité. C’est ma porte ouverte sur le monde et qui passe à travers ma cuisine. Dans cet esprit de partage avec l’humanité j’ai lancé « Cuisiner pour la paix », un concept pour saluer et honorer tous les humains sur la planète : une fête nationale est l’occasion de faire la recette du pays en question. Je mets à l’honneur tous les blogueurs qui me rejoignent pour faire une recette pour un peuple quand c’est le jour de sa fête nationale. J’ai découvert grâce à lui des personnes exceptionnelles de gentillesse et d’ouverture, des personnes qui m’ont soutenue, aidée, encouragée : Élodie, Coralie, Aurélie, Walid, Sohrab, Cathy, Patou, Sébastien, Cathie, Aimée (qui porte si bien son prénom) et tant d’autres. Mon blog c’est mon lien avec les autres c’est ma façon d’aller vers les autres, tous les autres.
Les concours
Je n’aime pas l’idée des concours surtout en cuisine, qu’on soit en concours avec soi-même alors là c’est chouette, ça veut dire qu’on tend à devenir meilleur par contre je n’aime pas l’idée de se mesurer aux autres. J’ai l’impression que c’est une des dimensions qui fait que le monde va mal, il faut être « plus », plus beau, plus riche, plus doué, plus, plus, plus que l’autre. Et l’on en vient à avoir des mesquineries, des petitesses d’âme, des jalousies, des envies et ça fout tout par terre. La cuisine pour moi est un rassembleur pas un diviseur, on cuisine parce qu’on aime, on aime les autres et on a envie de leur apporter du plaisir, oui c’est cela la cuisine pour moi. Bien sûr je suis en admiration devant la créativité de certaines personnes qui proposent des recettes extraordinaires mais pas une seule seconde je ne les envie, je fais du mieux que je peux, à ma façon, toute simple et je suis contente parce que je sais que je progresse par rapport à moi-même et c’est ça qui compte. Je suis heureuse des réussites des autres et ça me donne l’envie d’être encore meilleure vis à vis de moi-même. C’est clair pour moi qu’il y aura toujours des personnes plus douées, plus créatives mais je sais aussi qu’ils ou elles sont pour moi des joies de découvertes et d’ouverture de mon esprit. J’ai beaucoup d’ambition, je veux devenir une meilleure cuisinière tout court, pas meilleure qu’une autre personne.